Bouddha drapé, Wat Mahathat, Ayutthaya

Ayutthaya, un goût de cité perdue…

15 avril 2011

Réveillés par le chant des oiseaux et le bruit des poissons sautant hors de l’eau… Nous aurions apprécié… mais le réveil avait encore sonné très tôt afin de rejoindre au plus tôt Ayutthaya, ancienne cité des rois du Siam !

Vue sur la rivière Kwai depuis la chambre, Kanchanaburi
Vue sur la rivière Kwai depuis la chambre, Kanchanaburi

Nous sommes partis au terminal de bus à 7, pour rejoindre Ayutthaya, annoncé en 4h. Juste le temps d’arriver et hop le bus partait : timing impeccable ! Mais c’était sans compter sur la centaine (on exagère à peine) d’arrêts, certains à 20 mètres à peine du précédent ! On se demande bien à quoi servent les terminaux de bus dans chaque ville si chacun prend le bus devant chez lui ! Bref, nous arrivons environ 3h plus tard à Suvarnaburi où on prendra une correspondance pour Ayutthaya. Nous trouverons là un petit groupe de franco-italien partant « à l’aventure » à Ayutthaya en bus : une vraie expédition au vu des valises qu’ils tiraient !  2h environ nous permettrons de débarquer à Ayutthaya !

Champs de riz, entre Kanchanaburi et Ayutthaya
Champs de riz, entre Kanchanaburi et Ayutthaya

Un riz-omelette accompagné de boissons en sachet (source de quelques aléas… manger en tenant des sachets remplis de boisson c’est pas très pratique !), et hop, à l’attaque de l’ancienne capitale du royaume Siam ! La chaleur était terrible ce jour-là (un des jours le plus chaud de notre voyage) et grimper dans les ruines a été vraiment éprouvant ! D’autant plus que nous avons abandonné de trouver des vélos pour se déplacer : nos jambes suffiront ! (enfin tenteront…) Heureusement, nous pourrons déposer nos sacs à l’entrée (payante) de chaque temple.

Temple, Ayutthaya
Temple, Ayutthaya

Premier ensemble de ruines où déambuler : le Wat Mahathat, célèbre puisque c’est là que se trouve la fameuse tête de bouddha entourée de racine de figuier. La tête aurait en fait été déposée là volontairement il y a seulement une cinquantaine d’année.

Tête de bouddha prise dans les racines d'un figuier, Ayutthaya
Tête de bouddha prise dans les racines d’un figuier, Ayutthaya

Quelques bouddhas drapés, des dizaines de statues de bouddhas assis dont il ne reste plus que les jambes ou le tron, des prang(1) écourtés ou imitant la Tour de Pise, des chedî(2) découverts…

Wat Mahathat, Ayutthaya
Wat Mahathat, Ayutthaya

Nous avons continué courageusement le début d’après-midi avec le Wat Ratchaburana. Le prang central de cet ensemble est si bien conservé qu’on a pu monter en haut de la tour où, outre la vue, nous avons découvert un petit escalier très raide permettant d’accéder à une crypte, au cœur de la tour, où les décors colorés ont été partiellement conservés.

Prang, Wat Ratchaburana, Ayutthaya
Prang, Wat Ratchaburana, Ayutthaya

Après une pause « varan, cigogne et fourmis géantes » au parc de Phra Ram, nous avons bravé l’armée de vélo tuk tuk qui voulaient tous nous emmener… à 300 mètres ? et nous sommes entrés au Wat Phra Si Sanphet, l’un des plus vastes ensemble, ayant servi de palais à trois rois. Juste à côté, le Viharn PhraMongkol Bo Bitr était animé par le Songkran : le bouddha était sorti pour l’occasion et chacun allait l’arroser et se faire bénir par les bonzes. Un marché d’artisanat particulièrement bien fourni complétait le paysage.

Les trois chedî du Wat Phra Si Sanphet, Ayutthaya
Les trois chedî du Wat Phra Si Sanphet, Ayutthaya

Sur le chemin de la gare, nous rencontrerons un « hippie mais pas mendiant » qui nous demandera exactement 5 baths (12 centimes d’euros), pour rejoindre son amie japonaise chanteuse pop très célèbre (dont on aura oublié le nom) et préparer son coup d’Etat pour une démocratie populaire… le hippie aurait du sang royal dans les veines… « amazing Thaïlande » (« étonnante Thaïlande ») disent les chapeaux souvenirs, ils ne se trompent pas !

Après avoir retrouvé le trio français que nous avions rencontré à la guesthouse de Kanchanaburi la veille, nous prenons donc un train de nuit en couchettes pour nous réveiller le lendemain matin à Chang Mai, au nord du Pays (soit environ 600km en 12h). Le jour se lève tôt en Thaïlande, si bien que nous pourrons admirer, après les rizières de la plaine, un nouveau paysage : plus vallonné, plus arboré, donnant une impression de « fraîcheur » vu depuis les 12°C entretenus par la clim du train … impression qui ne durera pas longtemps !

Prang et Chedî sont des « stupa » édifices sacrés qui représentent le Mont Meru, symbolisant dans la religion bouddhiste l’univers. Ces tours renferment en général des reliques de bouddha. Parfois, elles sont érigées en l’honneur d’un roi ou d’une reine (exemple du Wat Phra Si Sanphet où les trois chedî ont été construits pour trois rois).

(1)    Le Prang : dérive des édifices Khmers (Prasat) ; de base carrée, il est construit en brique ou en latérite, décoré de stuc, se dresse sur un haut soubassement pyramidal avec une toiture développée en de nombreux gradins donnant une forme en ogive.

(2)    Le Chedî : perpétue le style indien avec sa tour et son dôme en forme de cloche.