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Kinshasa – Brazzaville : traversée épique !

Le timing était serré : récupérer le passeport de Guillaume à l’ambassade du Congo Brazzaville à 14h30 puis attraper un bateau à 15h.

A l’ambassade du Congo, la garde à l’entrée fait comprendre à Guillaume qu’il n’est pas habillé correctement et qu’il ne peut pas rentrer dans l’enceinte ainsi : « Monsieur, on ne rentre pas dans une ambassade en culotte » (comprendre en pantacourt). Il n’a rien d’autre dans le sac… On commence à se demander comment on va bien pouvoir faire pour récupérer ce passeport ! Mais la garde est très coopérante puisqu’elle ira chercher le visa à sa place !

On saute dans le taxi de Jean Pierre et direction le « beach » pour prendre le bateau. Nous voulons absolument être à Brazzaville ce soir donc j’appelle un contact au beach pour m’assurer que nous serons sur la liste des passagers. L’inspecteur n’est pas au beach habituel, là où on prend les navettes rapides, il est au beach historique, celui d’où partent les ferry.

A l’entrée de l’enceinte du beach, c’est la cohue : des enfants, des militaires, des policiers qui arrête notre taxi et demande de payer une taxe. Heureusement, notre contact arrive, monte avec nous dans le taxi et nous avançons jusqu’à l’entrée du bâtiment d’embarquement. Moyennant une bonne marge et une contribution, notre contact s’occupe de toutes les formalités et nous accompagne jusque dans le bateau. Ici c’est comme ça que ça se passe : on paie un « protocole » pour réaliser les démarches à sa place, et en tant qu’étrangers, ça facilite beaucoup les choses !

On monte dans le bateau vers 15h30 mais il ne partira pas avant 17h. On assiste à un ballet incessant de gens qui transportent des marchandises. Il n’y a que deux escaliers qui descendent jusqu’au bateau : qu’à ne cela ne tienne, pour aller plus vite, les porteurs jettent les marchandises et remontent par l’extérieur de la rambarde ! des empilement de chaises en plastique servent de ponts entre les deux bateaux fixés latéralement qui forment le ferry. Les gens sont entassés tout comme les marchandises : c’est impressionnant !

On surveille mutuellement nos sacs car les voleurs ne sont pas rares ici. La traversée en ferry est bien plus lente qu’en canot rapide ! Quand enfin, nous arrivons à Brazzaville, l’aventure n’est pas terminée ! Nous n’avons pas de protocole à l’arrivée et évidemment ici, rien n’est balisé.

On tente de se rapprocher de la sortie du bateau mais des sacs jonchent le sol et rende le déplacement périlleux ! Plusieurs personnes nous conseillent d’attendre pour ne pas nous faire prendre dans la foule et nous faire voler nos affaires mais nous avançons quand même et tout se passe bien !

A la descente, un gars habillé en civil récupère nos passeports. Guillaume est réticent, moi je suis « habituée ». Une autre personne nous demande de payer une taxe de débarquement. Ici on ne sait jamais ce qui est officiel, obligatoire ou non. Mais de toute façon, ce qui est obligatoire peut devenir accessoire moyennant une compensation et ce qui est non officiel peut devenir obligatoire pour ne pas avoir trop de difficultés : c’est le système D où chacun essaie de gagner quelque chose pour s’en sortir. Nous laissons donc notre passeport et nous débrouillons pour trouver quelles sont les autres démarches à réaliser en essayant d’éviter celles qui sont évitables : pas facile ! On remplit la fiche de débarquement, on passe la douane où on donne une compensation pour ne pas être embêter. Ces deux bureaux ne sont pas organiser le long du chemin de la sortie, mais installer ça et là sans logique.

Nous allons attendre à un bureau vers la sortie pour récupérer nos passeports. Pendant ce temps là, un brazzavillois nous suit partout, il fait comme s’il s’occupait de nos formalités. Je lui dis deux trois mots de lingala : mauvaise stratégie, il ne quitte plus. Il a l’air un peu perturbé, répétant sans cesse la même chose. Guillaume est proche de l’explosion !

Finalement, le bureau ferme… Ok et nous on récupère nos passeports comment ?

On se dirige à un autre endroit où on attend nos passeports. ça commence à être long, et le papa brazzavillois est toujours là : « ici c’est Brazzaville, Sassou est notre papa ». Il nous dit de lui donner quelque chose pour qu’il s’occupe de récupérer nos passeports, on ne cède pas, je continue avec quelques mots de lingala. Finalement, on nous appelle dans le bureau du commandant. On donne nos ordres de mission et récupère nos passeports sans rien payer : on est presque heureux ! On se dépêche de sortir du beach pour rejoindre Brazzaville et souffler !

Bienvenue à Brazzaville !