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Kinshasa : les premières impressions de Guillaume

Il est 19h30, il fait nuit, l’avion s’approche de la piste d’atterrissage, nous sommes tout près de Kinshasa, ville de 10 millions d’habitants et pourtant aucune lumière à l’horizon.

Contrôles : « Bienvenue en RDC et bon courage ! »

A l’atterrissage, on se retrouve dans ce qui ressemble plus à un grand hangar aménagé qu’à un bel aéroport. Premier contrôle de douane, première embrouille : on me demande mon adresse à Kinshasa, information que j’ignore puisque les personnes qui me récupèrent à la sortie de l’aéroport s’occupent de tout. Mon passeport français, mon visa et même ma lettre d’invitation ne suffisent pas, il faut une adresse à Kinshasa. Comme je suis incapable de donner cette information, la douanière fait passer d’autres personnes à ma place et moi je reste là. Une femme (pas policière ni douanière vu sa tenue) vient alors vers moi, me demande quel est le problème puis me dit « ok, dis que tu vas à l’hôtel Sultan ». Je répète ça à la douanière qui me demande mon passeport… Sauf qu’elle l’avait gardé lors de mon premier passage. Je lui explique donc que c’est elle qui l’a mais elle me répète « donnez moi votre passeport » sans écouter. Elle contrôle d’autres passagers, en attendant que je donne mon passeport… Heureusement, un groupe de Français qui se fait contrôler me fait remarquer « on est 5 Français et elle a 6 passeports français dans les mains, le tien va arriver ». Et en effet, elle a rendu mon passeport à l’un des passagers, sans faire attention que les photos ne correspondaient pas. Bref, je prend mon passeport et vais récupérer mes bagages, alors que le Français qui avait récupéré mon passeport me dit « premier séjour en RDC ? Bienvenue et bon courage ! ».

« C’est moi qui l’ai vu en premier, c’est mon sac ! »

Les bagages sont délicatement déposés balancés sur un tapis roulant mais certains sacs font l’objet d’une grande attention de la part des policiers et agents de sécurités. En fait, à chaque gros sac noir entouré de scotch, les policiers se jettent dessus pour repartir avec. Très vite, ils se poussent, se crient dessus pour ces sacs. Celui qui l’a eu en premier ne veut le lâcher, le second lui montre son insigne, probablement pour lui montrer qui est le chef. Les deux appellent alors un troisième, probablement encore un grade au-dessus, pour qu’il tranche. Pendant ce temps, des policiers marchent sur le tapis roulant au milieu des sacs et se baissent pour rentrer dans la petite ouverture d’où les sacs arrivent. Ils se retrouvent alors avec les employés qui déchargent les soutes et mettent les sacs sur le tapis roulant. Pratique pour récupérer ces fameux sacs les premiers… Je ne sais pas ce que contiennent ces sacs, ni pourquoi tous les policiers et employés se jettent dessus, mais pour un premier contact avec la RDC, ça semble assez étrange !

Premières impressions à Kinshasa

Dès ma sortie de l’aéroport, plusieurs hommes me proposent taxis et autres services, je refuse et j’aperçois Béné qui m’attend avec notre chauffeur. Elle refuse les taxis en disant « non ça va papa, ça va ». Ici, on appelle les hommes papa et les femmes maman…   En nous rendant à notre logement à Kinshasa, nous parcourons de grandes routes 2 x 4 voies non éclairées avec des gens qui traversent à pied dans le noir, ce qui se révèle évidemment assez dangereux. L’état de la route est assez irrégulier, apparemment les belles routes sont faites par les Japonais et les routes qui se détériorent vite sont faites par les Chinois. De nombreuses voitures roulent sans éclairage, ou alors juste un clignotant car il n’y a probablement que ça qui marche… On roule à droite, avec volant à droite ou à gauche, il ne semble pas y avoir de règle… On croise des véhicules très chargés, avec plusieurs mètres de marchandises et des passagers sur le toit. Par contre, les contresens sont très rares et les feux rouges sont la plupart du temps respectés !   Je n’ai malheureusement pas de photos de Kinshasa car la ville est dangereuse, de jour comme de nuit et les photos sont mal vues ici. Les gens n’aiment évidemment pas que les plus riches les prennent en photo, les policiers profitent des photographes pour réclamer de l’argent sous prétexte qu’il est soit disant interdit de prendre des photos…   Je n’ai pas parcouru toute cette immense ville (10 millions d’habitants, autant que Paris et toute sa banlieue), mais j’y ai vu de nombreux bâtiments en construction, des chantiers qui restent souvent abandonnés des années…

Des tribus, des langues et des masques

La République Démocratique du Congo comprend plus de 450 tribus, dont la plupart possèdent leur propre dialecte. Chacune a conçu des masques et statuettes, qui s’utilisent dans des conditions précises. Par exemple le masque qui porte bonheur, le masque qu’on porte pour les mariages, celui pour la chasse, etc.

Nous nous sommes rendus au « marché des valeurs » à Kinshasa, on y trouve de jolies toiles de tous les genres ainsi que des masques et statuettes. Certains masques sont authentiques, achetés dans des villages de RDC puis revendus ici et d’autres sont fabriqués à la demande, exprès pour être revendus. On fait facilement la différence entre les deux car les anciens ont vécu, la peinture est altérée, le bois un peu abimé, etc. Nous en avons acheté 2 pour 30 000 francs congolais (environ 22€), après avoir négocié car on nous avait proposé 45 000.