Tuol Sleng

Phnom Penh, entre l’agitation moderne et le murmure sourd du passé…

20 avril 2011

Après une nuit de train un peu difficile, nous rejoignons l’aéroport de Kuala Lumpur (LCCT) pour rejoindre le Cambodge. Une excursion éclair de 3 jours mais à quelques centaines de kilomètre de Angkor Vat, comment ne pas faire le détour ?

Le décor change radicalement. De l’avion, à perte de vue, le sol est découpé de petits champs rectangulaires asséchés, parsemé de petits cubes comme semés à la volée et ayant pris racine sur leur tige de bois : des maisons sur pilotis. Cette terre asséchée et nue saisit et contraste avec la végétation luxuriante des montagnes dans laquelle nous évoluions encore moins de 24h auparavant… L’aridité de ces terres rappelle combien le Cambodge est différent de son voisin thaï. A l’atterrissage, pas de gratte-ciel pour déchirer les nuages, pas de nuages non plus d’ailleurs. L’aéroport est tout proche de la ville. Les deux cités de l’empire Siam sont à mille lieux l’une de l’autre et la faible durée du voyage séparant l’une et l’autre en avion (2h à peine) renforce cette impression. Le reste du voyage la confirmera.

Vue du Cambodge
Vue du Cambodge

A peine sortis du parking, notre tuk tuk s’enfonce dans des embouteillages renversants ! Des voitures dans tous les sens mais aussi et surtout des motos, scooters et vélos roulant à gauche comme à droite… l’absence de trottoir dans la majorité des rues et la circulation dense ne laisse que peu de place aux piétons ! Autant dire que traverser une route à pieds est un vrai combat !

Nous découvrons l’agitation de Phnom Penh en rejoignant le marché central ou Phsar Thmey, édifice construit par les français dans les années 1930. Un dôme central d’où partent 4 ailes abritent des dizaines de stands proposant toute sorte de marchandises : des écrevisses à pattes bleues maintenues fraîches dans un bac d’eau, toute sorte de fruits, des bijoux de bric et de broc, les fameux tissus khmers et tout un tas de copies de téléphones et autres iPod dernier cri. Les premiers repas au Cambodge sont…dépaysants! Davantage qu’en Thaïlande, nous sentons la distance à l’Europe. En effet, au Cambodge tout se mange et surtout ce qu’on en connaît pas! Alors on tente et… souvent nos palais ne sont pas convaincus ! Les repas suivant seront mieux appréciés mais nous les soupçonnons d’être davantage adaptés aux palais occidentaux.

Marché central de Phnom Penh...en khmère ?
Marché central de Phnom Penh…en khmère ?

De là, nous irons au S21 Tuol Sleng (colline empoissonnée), lieu de mémoire du génocide  khmer. L’atmosphère est plus lourde et le silence s’impose presque face à ce passé éprouvant. Le lycée transformé en centre de torture et d’exécution de tous les opposants présumés du régime des Khmers rouges mené par Pol Pot à la fin des années 70. Bâtiments, objets et archives retracent un passé effroyable, que l’on sent peser derrière la porte de chacune des minuscules cellules… La projection d’un petit film documentaire nous permettra de prendre toute la mesure des évènements passés lors de cette période.

Cellule en bois, Tuol Sleng
Cellule en bois, Tuol Sleng

Nous passerons le reste de la journée le long du fleuve. De là, la vie paraît plus légère : des moines se laissent prendre en photo, jeunes et moins jeunes se font concurrence pour proposer des fruits ou des boissons aux passants, de jeunes garçons jouent au ballon, d’autres se préparent pour la séance journalière de gym collective. Les cambodgiens se rassemblent chaque soir dans différents lieux pour un véritable cours collectif de gym plus ou moins tonique. Des enceintes sont installées pour chaque rendez-vous. Un rendez-vous à ne pas manquer !

Promenade le long du fleuve, Phnom Penh
Promenade le long du fleuve, Phnom Penh

Nous rentrerons à l’hôtel à pieds. Les lampadaires ne sont pas la règle dans les rues de la capitale. La propriétaire de l’hôtel, qui parlait un très bon français, nous l’avait dit: « à Phnom Penh on n’a pas l’habitude de marcher ». Forcément : à peine passé la porte de l’hôtel, une dizaine de chauffeurs de tuk tuk se précipite sur vous pour vous proposer leurs services !

Une chose nous aura marquée dans cette journée : le sourire accroché sur toutes les lèvres des cambodgiens rencontrés et (presque) en toutes circonstances !