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Sur les traces du royaume de Loango

Dans le bas Kouilou, à environ 15 km au nord de Pointe Noire, se trouve le village de Loango, aujourd’hui en partie englouti dans la baie du même nom.

Nous sommes partis du relais du Kouilou guidé par Papa Alain, réceptionniste de l’hôtel et aussi guide. Tout commence par une impressionnante pente qu’il faut gravir pour accéder à un plateau qui mène au village de Loango. Les femmes qui vivent en haut du plateau font cet exercice chaque jour pour puiser l’eau. Grimper ce chemin à la limite de l’escalade avec une charge de 25 kg sur la tête est un exploit qu’elles répètent chaque jour !

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La légende du lieu raconte qu’une inconnue s’est installée au village pour cultiver la terre avec son enfant. Les femmes du village ont refusé un jour de lui donner de l’eau pour son enfant car celle-ci la gaspillait alors que l’eau est un bien pénible à collecter. Son enfant mourut de déshydratation. L’inconnue repartit alors du village en annonçant que l’eau allait dorénavant vraiment être « difficile » pour les femmes de ce village. Depuis, des sources d’eau ont tari et malgré les efforts, les forages, le puisage de l’eau pose problème (panne des moto-pompes, effondrement des forages, etc.). L’annonce de l’inconnue qui n’avait pas été prise au sérieux au départ semble finalement toujours avoir de l’effet sur le village… L’histoire raconte que cette inconnue était en fait une sirène, capable d’influer sur l’eau…

Nous passons par un golf, un peu surréaliste ! Chose rassurante : le gazon était un peu sec ! Nous traversons un ballet de mundele (les blancs) suivis de congolais ramassant les balles et tirant le sac rempli de matériel.
On arrive ensuite au village de Diosso puis, indiqué par une pancarte juste après le marché, nous prenons la direction du musée. Il est situé au bout de la piste, dans le palais de l’ancien roi  Moe Poety III qui a régné plus de 40 ans sur le royaume jusqu’en 1975. De 1975 à 2000, le royaume a été oublié, puis à nouveau reconnu : le 16e roi a alors régné, rapidement rattrapé par la maladie, l’actuel roi Moe Makoso.

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A savoir : les traditions du royaume Kongo auquel appartient le royaume de Loango sont régies par un système matrilinéaire. Le successeur du roi n’est donc pas son fils mais son neveu, fils de sa soeur. Cela permet de s’assurer qu’ils sont de « même sang ». On vérifie ici notre adage « maman surement, papa peut-être » !

La visite du musée débute par une exposition réalisée en partenariat avec la ville de Nantes sur la traite négrière, le commerce triangulaire et la fin de l’esclavage. On (ré-)apprend les critères de sélection des esclaves, leurs conditions de voyage, leur valeur et la nature de l’échange. La valeur d’une esclave pouvait atteindre l’équivalent de la solde annuelle d’un capitaine, la traite était donc vraiment rentable en comptant environ 600 esclaves par bateau.
On passe ensuite à la culture du royaume de Loango : les outils, les objets d’art, les masques et statuettes reliées à diverses croyances et rituels, mais aussi les objets et mobiliers du roi qui a vécu dans le palais, des instruments de musique et les objets et rites associés au passage à la vie d’adulte. Des distinctions sont faites entre les outils réalisés par les femmes et les hommes ou rituels masculins et féminins. Monsieur Joseph conservateur du musée est passionné et passionnant et la visite guidée vaut vraiment le détour !

Plus d’infos : http://www.royaumeloango.org/